Tout savoir sur le garnet · Aérogommage et sablage

Garnet pour aérogommage : quel grain, quelle pression, quels supports ?

Pour l'aérogommage au garnet, on part généralement d'un grain fin, du 120 au 350 mesh selon la fragilité du support, avec une pression basse réglée par essai sur une zone discrète. Plus le support est délicat, plus le grain doit être fin et la pression faible. Le garnet apporte ici une dureté et une densité élevées pour un petit calibre, si bien que même un grain très fin conserve de l'efficacité. En contrepartie, il faut démarrer plus bas qu'on ne le ferait avec un média léger, car un grain dense transmet davantage d'énergie.

Quel grain de garnet utiliser en aérogommage ?

Le tableau suivant donne des points de départ pour nos références les plus fines. La nature du support et de la couche à retirer peuvent les faire évoluer.

GrainOrigineUsages annoncés en aérogommage
120 meshAlmandin d'origine alluvionnaireFaçades en brique, béton et pierre, bois durs, métaux avant peinture
200 meshIssu de régénération européenneGraffitis, restauration de pierre, brique et bois, inox, alu, fibre
350 meshIssu de régénérationSurfaces délicates, supports sensibles, verre, alu, plastique, composites

Le garnet 120 mesh convient aux supports résistants avec une couche marquée à retirer. Le garnet 200 mesh sert de base polyvalente pour la restauration. Le garnet 350 mesh intervient là où la moindre attaque se verrait, ainsi qu'autour d'équipements sensibles comme les turbines, les vannes ou les manomètres. Dans ce dernier cas, protégez et isolez l'équipement selon les consignes de l'exploitant.

Le garnet régénéré convient-il à l'aérogommage ?

Nos 200 et 350 mesh ne sont pas du garnet neuf. Ils sont issus de régénération : séchés, criblés et dépoussiérés. Ce procédé est expliqué dans notre article sur le fonctionnement du garnet régénéré. Pour un chantier d'aérogommage, regardez surtout le résultat sur votre support : régularité de l'attaque, absence de marquage, écoulement dans votre machine. L'essai reste la seule façon de le confirmer, en particulier sur une surface à forte valeur patrimoniale ou sur une pièce à la propreté exigeante.

Comment régler la pression et la distance sur une machine d'aérogommage ?

Aucune valeur de pression n'est valable pour tous les supports. Elle dépend de la machine, de la buse, du grain et de la distance. Le repère le plus fiable reste une progression méthodique :

  1. Choisissez une zone test discrète, représentative du support et de la couche à enlever.
  2. Démarrez à la pression la plus basse permettant un jet régulier, avec un débit d'abrasif faible et à bonne distance.
  3. Tenez la buse en mouvement, sans stationner sur un point, et conservez un angle constant. Un jet trop perpendiculaire attaque plus fortement.
  4. Observez à sec et sous lumière rasante. C'est sous cet éclairage qu'un début de marquage devient visible.
  5. Ajustez un seul paramètre à la fois : distance, puis débit, puis pression, puis grain.
  6. Notez le réglage retenu pour que tous les opérateurs travaillent de la même façon.

Comme la densité annoncée du garnet atteint 4,1 g/cm³, ne reprenez pas tels quels les réglages conçus pour un média plus léger. Le doseur peut aussi demander une adaptation. Si vous vous interrogez encore sur le procédé lui-même, notre comparatif aérogommage ou sablage vous aidera à le choisir.

Sur quels supports utiliser le garnet en aérogommage ?

Pierre, brique et béton

Sur les matériaux minéraux, tout dépend de la dureté et de l'état de surface. Une pierre tendre, un joint fragile ou un parement ancien réagissent très différemment d'un béton sain. Vérifiez le comportement des joints et du calcin de la pierre, car une fois cette couche retirée, le support peut devenir plus vulnérable. Sur un bâtiment protégé, les prescriptions du maître d'ouvrage priment.

Bois

Le bois comporte des veines tendres qui s'érodent avant les veines dures, d'où un relief qui peut apparaître si le réglage est trop fort. Travaillez dans le sens du fil lorsque c'est possible et contrôlez l'absence de peluchage.

Aluminium, verre, plastiques et composites

Ces matières marquent vite. Faites toujours un essai avec le grain le plus fin, à pression très basse, et contrôlez l'aspect. Sur le verre, l'objectif peut être un dépolissage volontaire. Sur l'aluminium, une attention aux tôles minces s'impose. Sur un composite, veillez à ne pas exposer les fibres.

Quelles précautions prévoir sur un chantier d'aérogommage ?

La basse pression limite l'érosion du support, pas la présence de poussières. Un quartz annoncé inférieur à 0,5 % ne dispense pas d'une protection respiratoire adaptée, de la FDS et d'une évaluation des risques. La couche retirée peut être plus problématique que l'abrasif : une ancienne peinture peut contenir du plomb, par exemple. Prévoyez le diagnostic préalable, la protection des abords et la récupération des résidus. Notre article sur la sécurité, les EPI et les poussières détaille ces mesures.

Toutes les références sont réunies dans notre rubrique garnet pour aérogommage et sablage. Pour élargir, consultez également notre dossier tout savoir sur le garnet.

À lire aussi : décaper le bois au garnet.