Tout savoir sur le garnet · Aérogommage et sablage

Aérogommage ou sablage : quelle différence et que choisir ?

L'aérogommage et le sablage projettent tous deux un abrasif à l'air comprimé, mais ils n'ont pas le même objectif. L'aérogommage travaille à basse pression avec un grain fin et enlève une couche en préservant le support. Le sablage utilise une énergie d'impact plus élevée et souvent un grain plus gros pour décaper vite des revêtements tenaces ou préparer une surface résistante. Le choix dépend donc d'une question simple : le support peut-il encaisser cette énergie, et faut-il créer un profil d'accroche ou seulement nettoyer ?

Quelles sont les différences concrètes entre aérogommage et sablage ?

CritèreAérogommageSablage
Pression de travailBasse, réglée finementPlus élevée, selon le chantier
Grain habituelFin à très finMoyen à gros
ObjectifRetirer une couche en préservant le supportDécaper vite, créer un profil d'accroche
Supports typiquesBois, pierre tendre, brique, alu, verre, compositesAcier, ouvrages métalliques, béton résistant
Rendement sur couche épaissePlus lentPlus élevé
Risque principal sur le supportMarquage sur zone trop fragile si mal régléÉrosion, déformation des tôles minces, perte de relief

La frontière n'est pas stricte. Les termes varient d'un métier à l'autre et certains prestataires parlent d'aérogommage pour tout travail doux. Sur un devis ou une consigne, il est donc préférable de préciser pression, grain et résultat attendu plutôt que de s'en tenir au mot. Par ailleurs, le mot « sablage » ne signifie pas qu'on projette du sable : il désigne le procédé, quel que soit l'abrasif utilisé.

Comment choisir entre aérogommage et sablage selon le support ?

Trois questions permettent de trancher dans la plupart des cas :

  1. Le support est-il fragile ou de faible épaisseur ? Une tuile, une pierre tendre, un bois ancien, une tôle fine d'aluminium orientent vers l'aérogommage. Un fort impact risque de les creuser, de les déformer ou d'en effacer le relief.
  2. Que faut-il retirer ? Une salissure, un graffiti ou une peinture peu adhérente s'enlèvent en douceur. Une calamine ou plusieurs couches de peinture anciennes sur de l'acier relèvent plutôt du sablage.
  3. Quelle suite est prévue ? Si une peinture ou un revêtement doit adhérer, c'est le profil demandé par le fabricant du système qui fixe le niveau d'attaque. Si la surface reste à nu, on cherche plutôt à garder son aspect.

Sur un chantier hétérogène, les deux procédés se combinent : un sablage sur les structures en acier, un aérogommage sur la pierre attenante, après avoir protégé ce qui ne doit pas être atteint. Nos articles sur le garnet en aérogommage et sur le choix du grain en sablage détaillent chaque cas.

Quel garnet utiliser dans chaque cas ?

Le garnet s'emploie dans les deux procédés, le choix du grain et le réglage faisant la différence. Comme point de départ à valider par essai :

  • Sablage de couches épaisses, rouille, acier : garnet 30/60 mesh, d'origine alluvionnaire.
  • Façades, bois durs, métaux avant peinture : garnet 120 mesh, également alluvionnaire.
  • Restauration de pierre et de brique, graffitis, inox, alu : garnet 200 mesh, issu de régénération européenne.
  • Supports délicats, abords de vannes et de manomètres : garnet 350 mesh, également issu de régénération.

L'ensemble est présenté dans notre rubrique garnet pour aérogommage et sablage.

Quelles précautions s'appliquent aux deux procédés ?

Une basse pression ne supprime pas la poussière. Que le chantier soit qualifié d'aérogommage ou de sablage, il faut raisonner de la même façon :

  • Évaluation préalable : identifier ce que contient la couche retirée. Une ancienne peinture peut contenir du plomb, un support ou un revêtement ancien de l'amiante : le diagnostic précède le choix du procédé.
  • Protection des personnes : protection respiratoire adaptée, FDS de l'abrasif, évaluation des risques. Un quartz annoncé inférieur à 0,5 % n'en dispense pas.
  • Protection des abords : confinement, bâchage, récupération des résidus, selon le site et les règles locales.
  • Cadre réglementaire : le décapage au jet relève de mesures particulières fixées par le décret 69-558 du 6 juin 1969 et l'arrêté du 14 janvier 1987. Reportez-vous à ces textes, à l'INRS et à votre préventeur.

Notre article sur la sécurité du sablage au garnet détaille ces points. Le choix de l'abrasif lui-même au regard de la silice est abordé dans garnet ou sable de silice. Quel que soit le procédé retenu, faites un essai sur une zone discrète, à pression basse, puis remontez progressivement. Pour approfondir les bases du matériau, consultez le dossier tout savoir sur le garnet.

À lire aussi : enlever un graffiti par aérogommage.